Eglise de Saint-Vincent-la-Châtre

L'église de cette petite localité n'apparaît pas au classement des Monuments Historiques. Ce n'est pourtant pas les atouts qui lui manquent !
L'église de Saint Vincent est déjà citée dans la liste des églises données à l'abbaye de Saint Jean d'Angély au début du XIIe siècle par Guillaume I, évêque de Poitiers. Au XIVe siècle Saint Vincent la Châtre ( de castrum = lieu fortifié) dépendait de l'abbaye de Saint-Séverin-sur-Boutonne qui faisait alors partie du diocèse de Poitiers. Le curé-prieur, sous la règle de Saint Augustin, gardera ce titre jusqu'à la Révolution, où l'église, très pauvre, n'a pas été vendue.
L'église à été profondément remaniée depuis le XIIe siècle. Cependant elle est unifiée par un large toit de tuiles courbes surplombé par un petit campanile, bâti en 1653. Il est doté d'une cloche nommée « Marie-Louise » fondue en 1866 par Bollée au Mans. Le portail sous trois voussures en arc brisé est surtout remarquable pour ses chapiteaux, à gauche un oiseau et un quadrupède se dévorant et se métamorphosant dans un symbolisme qui nous échappe et à droite le martyre de Saint Vincent, nu, couché sur les flammes.
A l'intérieur la nef ayant perdue sa voûte, très certainement au cours des guerres de Religions, a une allure trapue. Deux colonnes romanes avec leur chapiteaux historiés occupent l'espace, au nord un chien chassant un cerf et au sud un chien poursuivi par un animal fabuleux ressemblant à celui du portail. Le chœur est une grande travée à voûte gothique. La chapelle qui s'ouvre du côté nord encastrée entre deux contreforts est un ajout du XVe ou XVIe siècle. Appliquée au mur de celle-ci, la tombe plate du chanoine Aubert Gazeau ornée de son effigie, mort en 1508, est protégée au titre des Monuments Historiques depuis 1903.
De jolis détails font tout le charme de cette petite église qui mérite bien le détour.

79500 Saint-Vincent-la-Châtre